KATY-LISE & STEPHANE

Pour contempler, la bibliothèque qui occupe tout un mur du salon de Katy-Lise et Stéphane, on peut se laisser aller dans les canapés Togo. Moment agréable. C’est un ensemble modulable d’étagères en teck des années 50 « Royal system » du designer scandinave Poul Cadovius. « Nous l’avons acheté chez un antiquaire marseillais il y a une dizaine d’années et elle nous a suivis dans nos différents déménagements. Elle est depuis au centre de notre espace de vie. » expliquent-ils.

Bibliothèque familiale, les étagères accueillent indifféremment des livres, des photos, des bougies, des couronnes de fleurs séchées et des objets divers. Un petit côté « bric-à-brac » qui fait vivre ces rayonnages au gré des trouvailles.

Si on s’attarde sur les livres, on compte de nombreux romans, mais aussi des livres de cuisine, de voyages et des beaux livres. « Les enfants ont chacun une bibliothèque dans leur chambre » précise Katy-Lise. Les livres sont un peu partout dans la maison. Même dans les toilettes.

Une des craintes des amateurs de livres, c’est de perdre leur bibliothèque. Ne serait-ce pas un miroir de nous-mêmes ? Katy-Lise et Stéphane ont perdu des centaines d’ouvrages en 2005, partis en fumées en quelques heures, lors de l’incendie de leur appartement. Il a fallu se reconstruire. Mais ils décident de se tourner vers l’avenir et continuent d’acheter des livres, sans chercher forcément à refaire leur bibliothèque d’avant l’incendie. « Notre bibliothèque d’aujourd’hui reflète notre parcours de lecteur uniquement depuis la trentaine. Certains livres de notre adolescence nous manquent plus que d’autres… » explique Katy-Lise. Stéphane, lui, regrette d’avoir perdu l’œuvre complète d’Ernest Hemingway en Pléiade. « Cet événement nous a fait prendre conscience de la valeur affective et des souvenirs qu’on associait à ces livres que nous entassions depuis l’adolescence. »

Passage dans la chambre parentale. Deux tables de nuit encadrent le lit. Sur celle de Katy-Lise, on voit La disparition de Karen Carpenter de Clovis Goux (Actes Sud) et Le jour d’avant de Sorj Chalandon (Grasset). « Je lis essentiellement des romans, mais aussi presque tous les jours des livres jeunesse avec les enfants et des livres de cuisine ! » Sur la table de nuit de Stéphane, on trouve ce jour-là L’équipe. « C’est un grand lecteur de roman aussi et un fidèle lecteur du journal sportif » précise Katy-Lise. Ce qui n’est pas incompatible.

 

QUELQUES LIVRES À EMPRUNTER À KATIE-LYSE ET STEPHANE 

La plus limpide région de Carlos Fuentes, Gallimard: On pourrait comparer cette œuvre fougueuse et violemment lyrique à un puzzle gigantesque dont les pièces innombrables auraient été démontées, dispersées, puis à nouveau rassemblées en désordre.

Si le centre même du livre – la pièce maîtresse du puzzle morcelée elle aussi – est situé à Mexico au cours de l’année 1951, les mille fragments qui viennent l’interrompre se jouent sur plusieurs plans où le temps et l’espace tour à tour se juxtaposent et se brisent. La bourgeoisie, le prolétariat, l’aristocratie se disputent successivement le pouvoir, les privilèges du luxe et de la mauvaise foi. Là où se jouaient autrefois l’héroïsme et le goût du sacrifice, triomphent aujourd’hui l’égoïsme, l’abjection, et la passion d’opprimer chez ses héros les plus purs.

D’étranges figures humaines (prostituées et princesses, écrivains et actrices, politiciens, industriels et chauffeurs de taxi) tracent, à travers ce fourmillant tableau, des trajets qui, malgré une succession de ruptures ininterrompues, construisent petit à petit, avec un admirable sens de la mémoire et de l’observation, l’architecture du Mexique contemporain et de la société encore informe qui le compose.

Siddhartha de Hermann Hesse, Le livre de Poche: Un jour vient où l’enseignement traditionnel donné aux brahmanes ne suffit plus au jeune Siddhartha. Quand des ascètes samanas passent dans la ville, il les suit, se familiarise avec toutes leurs pratiques mais n’arrive pas à trouver la paix de l’âme recherchée. Puis c’est la rencontre avec Gotama, le Bouddha. Tout en reconnaissant sa doctrine sublime, il ne peut l’accepter et commence une autre vie auprès de la belle Kamala et du marchand Kamaswani. Les richesses qu’il acquiert font de lui un homme neuf, matérialiste, dont le personnage finit par lui déplaire.

Il s’en va à travers la forêt, au bord du fleuve. C’est là que s’accomplit l’ultime phase du cycle de son évolution. Dans le cadre d’une Inde recréée à merveille, écrit dans un style d’une rare maîtrise, Siddhartha, roman d’une initiation, est un des plus grands de Hermann Hesse, prix Nobel de littérature.

Exercices de styles de Raymond Queneau, Folio: Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.

Du pain, du vin et des oursins de Nicolas Stromboni, Marabout: Ce livre raconte la Corse secrète de Nicolas Stromboni à travers des produits, des hommes et des recettes. Il révèle les multiples facettes d’une gastronomie méconnue : la plus riche de France. Que mange-t-on en Corse ? Comment les produits sont-ils cuisinés selon les différentes région de l’île ? Qui sont celles et ceux qui entretiennent et restituent au quotidien ce patrimoine inégalé ? De la charcuterie aux fromages, de la viande aux produits issus de l’eau ou de la terre : agrumes, châtaignes, et bien sûr le vin aux nombreux cépages, Nicolas Stromboni nous dévoile les trésors d’une cuisine simple et savoureuse. L’assiette de polenta de farine de chataîgne au figatellu grillé, la tourte aux herbes endémiques au brocciu, des plats patiemment mijotés à l’oursinade au bord de l’eau… Près de 80 recettes qui subliment les innombrables produits de l’île de beauté. Mais Du pain, du vin, des oursins est bien plus qu’un recueil de recettes, le livre rassemble aussi des portraits de celles et ceux qui oeuvrent au quotidien. Nicolas Stromboni, lève le voile sur sa Corse, cette terre à la beauté sauvage et aux paradoxes nombreux.

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KATY-LISE & STEPHANE

Katy-Lise and Stéphane’s bookcase is a set from the 50’s called Royal System and created by a Scandinavian designer Poul Cadovius.  « We bought it ten years agoin an antique shop in Marseille and since it has followed us through our different places. » they explain.

Set in the living-room, this is a familial bookcase. It takes a whole wall and welcomes books, candles, pictures, flower crowns and diverse objects. They like this idea of a bric-a-brac.

There are novels but also cookbooks, travel books and art books. “The kids have they own bookcase in their bedroom but of course we find books everywhere in the house, even in the bathroom” smiles Katy-Lise.

The content of the bookcase is quite recent since Stéphane and Katy-Lise have lost the totality of their books when their flat got burned in 2005. “It therefore reflects only our path as readers after that we turned thirty This event made us realized about the affective value and memories that were associated to these books we had collected since teenage years. Today we are still missing some of them” says Katy-Lise who knows that Stéphane regrets the whole work of Ernest Hemingway in the collection of La Pléiade.

Katy-Lise reads mainly novels but also children books with her boys and cookbooks. On that day, on her bedside table we find a literary biography of American singer Karen Carpenter. On Stéphane’s side of the bed there is L’équipe, the French daily sportif newspaper. “He reads lot of novels but is also a fervent reader of magazines, and especially L’équipe!” explains Katy-Lise.

 

A FEW BOOKS TO BORROW FROM KATY-LiSE AND STEPHANE 

Where the Air is Clear by Carlos Fuentes: “My name is Ixca Cienfuegos. I was born and I live in Mexico City. Which is not so grave: in Mexico City there is never tragedy but only outrage.” Thus begins Carlos Fuentes’s first novel, unfolding a panorama in which many people’s lives depend on the fact that they live in today’s Mexico City, where the air is clear and yet filled with the old gods and devils still struggling to overcome the new, where a long and bloody revolution is still being fought and paid for in flesh. The vividness of Fuentes’s characters and the country that is theirs has made many critics claim this as his best novel. It is unquestionably among the finest works of literature to be produced in the Western Hemisphere.

Siddhartha by Hermann Hesse: Written in a prose of almost biblical simplicity and beauty, Siddhartha is the story of a soul’s long quest for the answer to the enigma of man’s role on earth. As a youth, the young Indian Siddhartha meets the Buddha but isn’t content with the disciple’s role. He must work out his own destiny―a torturous road on which he experiences a love affair with the beautiful courtesan Kamala, the temptation of success and riches, the heartache of struggling with his own son, and finally, renunciation and self-knowledge.

One-Thousand White Women by Jim Ferguson: This is the story of May Dodd and a colorful assembly of pioneer women who, under the auspices of the U.S. government, travel to the western prairies in 1875 to intermarry among the Cheyenne Indians. The covert and controversial “Brides for Indians” program, launched by the administration of Ulysses S. Grant, is intended to help assimilate the Indians into the white man’s world. Toward that end May and her friends embark upon the adventure of their lifetime. Jim Fergus has so vividly depicted the American West that it is as if these diaries are a capsule in time.

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